Qui sommes-nous ?

En rangeant mes affaires, je suis tombée par hasard sur les Mémoires de notre grand-mère paternelle, Marie CADENNES, née MIGNAN (1899-1986). Une centaine de pages dactylographiées reposaient depuis des décennies dans l’ombre de mon secrétaire. Je ne les avais jamais oubliées ; je pressentais que j’avais un petit trésor à portée de main, mais je devais probablement attendre le temps et l’heure de pouvoir comprendre, le moment propice de la redécouverte.

De fait, j’ai attendu d’atteindre la cinquantaine, c’est-à-dire l’âge qu’avait Marie au moment de sa déportation, pour me replonger dans son histoire, l’histoire dont nous sommes issus.

Pour nous, Marie CADENNES, c’est d’abord une grand-mère que nous avons bien connue : à MAINNEVILLE et DIJON, elle nous rendait souvent visite ; elle nous accompagnait parfois en vacances. De toutes les maisons qu’elle a habitées au cours de ses pérégrinations en Allemagne, en France, au Maroc, nous n’avons connu que la dernière : l’appartement 5 rue Edouard Branly à ISSY les MOULINEAUX, puis la maison de retraite toujours à ISSY où elle vécut ses derniers jours.

Marie Cadennes Versailles 1943

Forte personnalité, intelligente, marquée par les épreuves, elle nous impressionnait par son caractère impétueux et intransigeant. Des incompréhensions surgissaient, des conflits éclataient parfois : entre la vieille dame, ancienne déportée, née dans un milieu bourgeois à la fin du 19ème siècle, et nous ses petits-enfants, insouciants et arrogants héritiers de Mai 68, le contraste apparaissait vertigineux…

Nous ne mesurions pas les souffrances qu’elle avait endurées ni les efforts surhumains qu’elle avait dû déployer pour les surmonter.

Arbre généalogique réalisé par Marie Cadennes 1972

Dans ses mémoires, Marie CADENNES se situe dans une lignée, une généalogie, discipline qu’elle aimait et dans laquelle elle excellait – il suffit pour s’en convaincre de jeter un œil sur l’arbre généalogique qu’elle a réalisé en 1972 après des années d’un travail acharné. J’ai le « culte des ancêtres » disait-elle.

Mais Marie était mère avant tout,  de trois fils : Georges, Paul –notre père, et François. Ses écrits nous restituent avec fraîcheur l’enfance et la jeunesse de ces garçons pleins de fougue pris dans la tourmente de la guerre, leur engagement dans la France Libre, jusqu’à la mort tragique de François assassiné par la milice en 1944 à l’âge de 18 ans.

Au-delà de leur intérêt historique, généalogique, voire sociologique, les mémoires de Marie CADENNES ont aussi une valeur affective très forte  puisqu’il y est question de notre père Paul CADENNES, décédé en 2004. C’est l’occasion pour nous de lui rendre hommage.

Nous souhaitons que ce site soit un point de ralliement entre les différentes générations, entre la famille et l’extérieur, entre l’ancien et le nouveau. Les descendants de Marie CADENNES seront donc à l’honneur sur ce site que nous souhaitons ouvert à tous.

Votre contribution est la bienvenue !

Elisabeth Cadennes-de Villemeur

Nicolas Cadennes